Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 05:46


Pour le dernier jour du Ramadan, toute la communauté s’était réunie pour rompre le jeûne. La joie et une calme excitation se faisait sentir sur chaque nouveau visage qui arrivait. J’avais l’impression que c’était Noël, le même sentiment et la même joyeuse excitation pouvait se faire sentir. Une fois notre soif étanchée, nous voilà, chacun, étendant notre petit tapis à prière dans la salle de latihan pour faire les prières musulmanes. Je les ai faites aussi, j’aime bien, c’est marrant. Puis nous avons dîné et après, nous avons formé une longue queue, en forme de cercle, pour se demander pardon à chacun. C’est toujours un moment émouvant et plein de joie intérieure. Puis nous avons fait un latihan et ensuite discussion à n’en plus finir sur notre porche sur ce que nous avons ressenti et vécu durant ce Ramadan....


Le lendemain matin, le réveil fut matinal, 4h45, direction la mosquée pour les prières d’Idul Fitri... Idul Fitri est le nom du jour après la fin du Ramadan, c’est un jour vraiment spécial et bien sûr,férié. On doit, si on le veut et peut, revêtir des vêtements neufs, se laver, se couper les ongles....On est comme un nouveau né, lavé de ses fautes... Avec mes vêtements tout neufs, toute fière, je vais chercher Hestu, toutes les deux nous partons chercher Elias, un brésilien, avec Hestu et Elias, nous partons chercher les colombiens, avec Hestu, Elias et les colombiens, nous partons chercher Rashidah (“ma bosse” mais la personne que j’adore le plus ici, même si j’aime tout le monde) et nous voilà partis en direction de la mosquée pour une petite promenade matinale. Ils sont tous musulmans, sauf moi....


Alors que nous marchions au milieu des bananiers, cocotiers, traversions les petits villages au milieu du piaillement des oiseaux, nous croisions une multitude de personnes se rendant dans la même direction que nous. Certains hommes marchaient seuls, le tapis de prière autour du cou et le petit chapeau musulman sur la tête, d’autres avaient réussi à caser toute leur famille sur la mobylette, l’homme conduisant, les deux enfants au milieu et la femme à l’arrière, d’autre préfèraient rester entre jeunes, slalomant en mobylette avec leur vêtement tout blanc. Et nous au milieu, nous formions aussi une drôle de farandole, sujet aux regards curieux, étrangers que nous sommes, nous à la peau blanche dans ce pays qui n’est pas le nôtre, encadrés de géants, les colombiens, qui font deux fois leur taille et leur stature.


Nous arrivons à la minuscule mosquée tel Gulliver pénétrant dans le monde des Lilliputiens. Tout le monde nous regarde, certains touchent même les Colombiens, pour vérifier s’ils sont bien réels. Les hommes rentrent dans la mosquée, les femmes, nous, nous restons dehors, sur des nattes improvisées, extension de la mosquée qui se retrouve trop petite pour ce jour spécial. Dans une mosquée, les hommes sont toujours devant et les femmes derrière. J’enfile ma “murkena” (le vêtement qui cache tout le corps et les cheveux pour faire les prières) et me fait invisible. C’est ma cape d’invisibilité...:) Je crée ma petite bulle, mon petit espace sur mon petit tapis de prière et me laisse bercer par le sermon en indonésien puis les prières en arabe, attrapant quelque mots au passage mais me laissant plutôt porter par l’atmosphère générale, suivant les gestes, les attitudes...ne me sentant ni étrangère, ni extérieure mais heureuse simplement d’être là.


Puis nous refaisons le chemin inverse, croisant les mêmes personnes mais qui, cette fois, nous délivrent de grands et joyeux sourires et nous souhaitant, d’un ton plus qu’enthousiaste, un bon Idul Fitri, un bon jour de fête. Nos pas furent plus légers alors que nous rejoignons Rungan Sari. Et là révélation, “et si nous prenions un petit-déjeuner...”....il fait jour, mais cette fois, on a le droit de manger... on est tous trop content à cette idée... et nous voilà, cuisinant tous ensemble, omelette, salade de fruit, muesli et jus d’orange pressé... un vrai jour de fête... on se sentait un peu bizarre, au début de manger puis on a bien vite apprécié... et la journée s’est déroulée ainsi, avec ce doux et joyeux sentiment, jouant à loup garou, au volley ball, grignotant des biscuits... La tradition pour Idul fitri est d’avoir une quantité de biscuit à offrir à tous les invités, ce sont des petits biscuits spéciaux pour ce jour là, qui sont délicieux... alors, où que nous allions, nous avions droit à ces petits biscuits...


Ce fut une magnifique journée et les journées qui suivirent ont continué sur la même douce sensation, pleine de petites joies et de moments partagés. Jusqu’au moment, finalement, où les vacances touchaient à leur fin et où les Colombiens repartaient vers leurs contrées lointaines. Nous avons eu un petit moment de blues, une petite dépression post-ramadan, où la vie semblait soudain bien ordinaire. Mais avec Hestu, le démon de l’aventure nous reprenait bien vite et nous décidions, pour clore ces vacances, de partir à la découverte du vrai Kalimantan, de la jungle, de la vie dans les villages, de la vie qui se laisse porter et bercer par la rivière.     La suite au prochain épisode....

Par Emilie
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil

Présentation

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>

Recherche

Derniers Commentaires

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés