Jeudi 23 septembre 2010 4 23 /09 /Sep /2010 04:48

 

Le ramadan est fini....nous avons tous la déprime post-ramadan, du coup on continue à jeûner... En Islam, dans le mois qui suit le Ramadan on peut faire 6 jours de jeûne, du coup Samuel, Hestu, Alina, ma coloc, et moi, nous avons décidé de les faire, 3 jours cette semaine et 3 jours la semaine prochaine. Du coup on retrouve un peu le sentiment de la joie du ramadan... enfin il va bien falloir que ça s’arrête un jour.


Ce mois de ramadan fut vraiment, vraiment, vraiment génial. Je ne me suis jamais autant amusée, j’aurai presque envie de dire. J’étais trop heureuse. Je commence à avoir un peu l’habitude, aussi ne pas manger et ne pas boire est devenue relativement facile. Par contre, ce qui est plus dur c’est de contrôler ses pensées, c’est à dire ne pas avoir de mauvaises pensées, ne pas être triste, ne pas céder aux sentiments variables du cœur ou pleurer...en bref on doit limiter les émotions, ce qui est dur quand on ne mange pas, car on devient facilement irritable et émotionnel. Mais c’est un bon exercice, d’ailleurs, je me suis dit que j’allais le continuer après le ramadan, éviter les mauvaises pensées et ne pas se laisser submerger par les émotions est quelque chose finalement que l’on peut pratiquer tout le temps. Donc cela, ce fut plus dur pour moi et aussi de limiter mes heures de sommeil.

Les 20 premiers jours, je n’ai réussi à faire que 2 ou 3 longues nuits, c’est à dire rester éveillée jusqu’à 4h30 du matin mais le reste du temps, j’arrivais à tenir jusqu’à 1h, 1h30 du matin puis je me relevais pour le Sahur, le petit déjeuner que l’on doit prendre entre 3h et 4h puis je restais éveillée une demi-heure ou une heure puis je me recouchais jusqu’à 8h. Par contre les dix derniers jours, j’ai fait toutes les longues nuits et ça c’était trop trop dur, spécialement entre 2 heures et 3 heures du matin... je m’endormais systématiquement, sur mon ordinateur, sur mon livre... partout... du coup je mettais mon réveil pour me réveiller et je le faisais sonner toutes les 5 minutes. Les dernières nuits furent plus faciles, je restais avec Hestu et c’était un super sentiment. Pour les nuits de pouvoir, nous avons regardé une talk de Bapak avec tout le monde suivi d’un latihan. C’était vraiment super de faire ça, tous les deux jours, ça crée comme une sorte de rituel et ça prépare bien pour les longues nuits. Sinon nous avons fait aussi un latihan chaque nuit, à 1h30, c’était super et généralement, c’était pile le moment où la pluie se mettait à tomber et à faire un bruit de tous les diables. (Pardon pour les derniers petits détails Subud pour ceux qui ne comprennent pas...:)


Toutes les soirées étaient formidables en fait. Je vais essayer de vous décrire l’atmosphère.


Nous rentrions tous de l’école à 3 heures, chacun partait se reposer un peu dans sa chambre puis vers 4 heures nous nous rejoignions tous pour une partie de volley ball. C’était vraiment génial, nous avons fait cela presque tous les jours. Les colombiens de visite à Rungan Sari savaient très bien jouer. Ils nous ont appris à jouer et nous encourageaient tout le temps. Bien vite nous avons pu faire de véritables match. Je suis une fan de volley ball maintenant.    

Une atmosphère incroyable régnait entre nous tous, une atmosphère de joie, de bonne humeur, de rire et une sorte de communauté se tissait entre nous tous. Il y avait les plus jeunes de Rungan Sari, les professeurs bénévoles, Hestu, des personnes plus âgées, les personnes s’occupant de la sécurité, les Colombiens bien sûr... C’était vraiment le meilleur moment de la journée pour moi, juste avant la rupture du jeûne, ce moment où nous étions tous ensemble en train de jouer et de s’amuser. Les rares fois où nous ne jouions pas, c’était quand les colombiens jouaient au foot. C’était alors un plaisir de les regarder, car ils sont excellents, ils connaissent plein d’astuces, c’est un bonheur à les observer. J’ai même joué un jour, c’était super. Puis vers 5h15, tout le monde regagnait  bien vite sa maison respective pour une rapide douche, puis à 5h30, quand l’obscurité commençait à envahir Rungan Sari et que les oiseaux finissaient juste leur concert de prières noctambules, je scandais dans la maison “buka, buka, buka”.


A chaque fois, nous nous retrouvions une dizaine autour de la table. Toujours des nouvelles personnes et jamais ou toujours les mêmes. Tout le monde arrivait en même temps, Alina sortait les fruits du frigo, Hestu préparait les cubes de noix de coco et les sirops, je mettais l’eau à chauffer pour préparer le thé, Harris préparait les verres d’eau, Radya sortait les bols....on se mettait tous à la tâche et en 5 minutes la table était prête. Après une courte prière ou un petit moment de calme collectif, le cliquetis des couverts résonnaient. Pendant bien 5 minutes, c’était le silence absolu mais une fois rassasié, tout le monde parlait en même temps, partageait sa journée, ses expériences... une atmosphère incroyable régnait autour de la table et une joie indescriptible...

Ensuite nous allions tous dehors sur la terrasse, occasion pour les fumeurs d’allumer le première cigarette de la journée et les musiciens d’accorder leur guitare. Ainsi chaque soir, Harris et Hestu jouaient à la guitare tandis qu’Alina et moi ou Harris chantions... La joie, la sensation d’appartenance à une joyeuse communauté continuait.... Certaines personnes repartaient pour le dîner, de nouvelles arrivaient... Vers 7 heures, nous prenions tous ensemble le dîner puis c’était reparti pour la musique, des conversations à n’en plus finir sur le porche, des jeux organisés, des latihans où nous nous rendions. Tout cela continuait bien jusqu’à 11 heures, jusqu’au moment où les garçons devaient quitter le lieu, la règle est 10 heures normalement mais durant ce ramadan, toutes les règles étaient un peu assouplies (normalement c’est le contraire, durant le ramadan, ça doit être plus strict) mais je ne sais pas ce qui s’est passé mais notre maison était comme un aimant à joie et tout le monde venait. Difficile de mettre les gens dehors ou de rester enfermé dans sa chambre lorsqu’une telle atmosphère régnait. Après 11 heures, je restais dehors à discuter avec Alina, puis vers minuit, j’allais dans ma chambre et je peignais, j’ai fait plein de petites peintures durant de Ramadan...


Outre ces ruptures de jeûne à la maison, nous avons reçu beaucoup d’invitations et de nombreuses fêtes furent organisées. Aussi, souvent, c’était avec toute la communauté que nous rompions le jeûne, chez telle ou telle personne qui organisait la petite fête. La première occasion fut pour le jour de l’indépendance, nous avons rompu le jeûne tous ensemble puis chanté l’hymne nationale et eu droit à un énorme gâteau rouge et blanc... Un autre soir, ce fut les propriétaires de l’hôtel qui ont invité toute la communauté pour un dîner dans le restaurant de l’hôtel.

Puis nous avons eu la chance d’être invités (quand je dis nous c’est Hestu, Alina, l’anglaise et Jackie, l’australienne, mes colocataires) deux fois sur un magnifique bateau construit en bois. Ce bateau est un business d’une des résidentes de Rungan Sari. C’est un gros bateau, plus ou moins luxueux -pour le lieu- qui amène les touristes sur la rivière et les petits villages. Il y aussi des cabines pour dormir. Pour le Ramadan, certaines personnes avaient organisé une petite ballade sur la rivière autour de l’île des Orang-outans juste le temps de la rupture du jeûne et du dîner. La nourriture y est délicieuse et le cadre bien sûr paradisiaque. On peut s’allonger à l’arrière du bateau et bénéficier d’une vue imprenable sur le ciel étoilé. Dans l’obscurité, au milieu du croassement des grenouilles et des insectes en tout genre, je n’ai pas besoin d’en dire plus, pour décrire la magie du moment. Nous avons eu la chance aussi d’apercevoir deux hornbills, ce sont les oiseaux traditionnels de Kalimantan, qui se retrouve en décoration sur chaque toit de maison dayak traditionnelle. En français, je crois qu’un hornbill est un toucan, en tout cas ça y ressemble. J’ai mis des photos de ces deux expéditions sur le bateau dans le dossier “le bateau”. Je vais y mettre aussi des peintures de hornbills, peintures réalisées par un peintre français qui vit à Rungan Sari dans une magnifique maison. Son atelier est trop joli aussi.

 

Hornbill Ptg 1


Nous avons eu aussi une rupture de jeûne dans une magnifique et immense maison de Rungan Sari dont la maison appartient à Simon Guerrand. Il avait invité des danseurs dayaks, j’ai mis les photos dans le dossier “Ramadan 2010”. D’ailleurs sur les photos vous pouvez me voir en compagnie de mes amis et voir aussi le porche de la maison où nous discutions et jouions de la guitare le soir. Et je ne parle pas de toutes les autres petites invitations que nous avons eu. Nous ne sommes jamais invités durant l’année, c’est vraiment une tradition du Ramadan,d’inviter ses voisins pour la rupture du jeûne. Nous avons eu notre lot d’invitations et d’événements sociaux pour l’année.


En résumé donc, ce fut un incroyable ramadan avec tant de joie, de rire, de nouveaux amis et je n’ai jamais aussi bien mangé en Indonésie, ce qui est totalement paradoxal, je sais....J’ai quand même eu quelques terribles migraines après avoir rompu le jeûne certains soirs. Je crois que c’était parce que je ne buvais pas assez le soir. J’avais tellement faim en fait, que la plupart du temps après mon verre d’eau, je mangeais et qu’après avoir mangé, je ne ressentais plus la soif et j’oubliais de boire mais comme je n’avais rien bu de la journée, je devais être déshydratée. En tout cas, même plusieurs fois, j’ai cru que j’allais m’évanouir mais toujours après avoir mangé, jamais la journée lorsque je jeûnais, ce que je ne comprends pas du tout. En tout cas, vers la fin, j’ai compris et je me forçais à boire.

Par Emilie
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Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /Août /2010 08:17

         Le Ramadan a commencé, je suis super contente, ici le Ramadan c’est un peu comme si c’était noël pendant un mois. Il y a de l’électricité dans l’air et beaucoup de joie... bien que les après-midis avec la chaleur tropicale soient d’un calme déconcertant. Hier après-midi, je suis sortie dehors prendre des photos, c’était comme être dans un sauna... du coup, avec le jeûne, il n'y avait personne dehors... par contre, une fois l’obscurité tombée, les allées de Rungan Sari se transforment en repère pour les marcheurs.....


          Sport que je vais d’ailleurs arrêter de pratiquer... depuis un an que je suis ici, je marche toujours le soir dans l’obscurité, en sandale, sans avoir peur de rien... je m’allonge même parfois en plein milieu de la route pour regarder les étoiles... mais hier lors d’une petite escapade nocturne, j’ai marché sur quelque chose... mystère, mystère, j’ai senti une piqûre sur mon pied... j’ai alors utilisé la faible lumière de mon téléphone portable pour voir ce que c’était... un beau et énorme scorpion... et voilà, je suis devenue une vraie fille de la jungle, je me suis fait piquée par un énorme et beau scorpion tout noir, comme vous pouvez vous les imaginer, bien effrayants.

          C’est le plus gros scorpion que j’ai vu depuis que je suis ici, mais on dit que plus ils sont gros et moins c’est douloureux, ce sont les petits à la peau translucide qui sont dangereux, enfin je crois... et bien, vous vous rappelez tous de mes frayeurs avec les cafards, et bien là quand je l’ai vu, je me suis dit “tiens, c’est un scorpion... et sans paniquer, sans avoir peur, je suis allée voir les colombiens justement.  J’allais chez eux d’ailleurs. Les trois colombiens fraîchement arrivés sont les cousins de ce couple qui vit là depuis 10 ans, en me disant qu’ils devaient savoir quoi faire dans ce genre de situation. Du coup, de savoir en plus que j’allais chez eux, ça m’a rassuré...Ils m’ont mis de l’argile pour aspirer le venin, enfin si j’ai bien compris... Mais en fait je n’avais pas mal, je ressentais juste une sensation dans mon pied mais rien d’autre, donc je n’ai pas pris de médicament...

       Les colombiens étaient marrants, ils me disaient : "tu peux pleurer, tu as le droit", mais moi, j’étais là, je souriais et disais : "mais je n’ai pas mal, c’est rien"... C’est vraiment surprenant, normalement une piqûre de scorpion est extrêmement douloureuse. Je pense qu’il m’a juste piqué sans me mettre de poison... j’ai vraiment été protégée et chanceuse... Le plus drôle, c’est que j’allais bien, je n’étais pas paniquée, je me sentais juste un peu bizarre alors qu’il y a un an je pleurais comme une madeleine parce qu’il y avait des cafards dans la maison...


       Ce matin le principal de l’école m’a dit “et bien quel chemin parcouru depuis les cafards”... En effet, la première semaine, à chaque fois que je voyais un cafard je l’appelais et il venait en moto jusque chez moi pour les tuer... Je suis drôlement contente de n’avoir rien eu et de ne pas avoir eu peur...

       Ce matin, je me sens juste un peu bizarre avec des drôles de sensation dans le pied de temps en temps. Hier soir quand j’ai enlevé l’argile, j’ai eu un peu mal, l’argile devait me tenir au froid et à l’air libre, je sentais des drôles de trucs, alors j’ai pris un anti staminic et j’ai pu dormir. Par contre, j’ai un trauma pour marcher dans le noir quand même maintenant. Quand je suis rentrée chez moi hier soir, j’étais à 10 cm à raz du sol avec ma lampe torche, scrutant le sol....j’ai perdu mon insouciance d’avant où je courais ou me baladait tranquillement sans avoir peur de rien....mais je suis sûr que d’ici peu, je n’aurai plus peur de ressortir le soir mais je serais juste plus prudente. Je crois que je vais commencer par mettre des chaussures fermées et ne plus quitter ma lampe.

 

Par Emilie
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Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /Août /2010 08:11

 

         Pour la journée de l’indépendance, cette année ce fut toujours des jeux organisés pour les enfants mais cette fois pour les enfants de la communauté et des villages aux alentours. Les jeux sont les mêmes que l’année dernière, ce sont des jeux traditionnels : course en sac, tirer une corde, manger les krupucks (beignets croustillants) suspendus à une ficelle, course avec une cuillère à la bouche avec une bille à l’intérieur, mettre un crayon attaché à la ceinture dans une bouteille posée sur le sol (j'ai mis des photos sous la rubrique la journée de l’indépendance)....C’était super d’être avec les enfants...

        L’après-midi, ce fut partie de football et de volley ball pour les plus grands cette fois. Il y a trois colombiens qui habitent à Rungan Sari en ce moment et ils jouent au football depuis qu’ils sont petits, du coup, ils sont trop bons et je commence à apprécier à regarder les matchs parce qu’ils font des sortes de figures-pirouettes qui rend le match beaucoup plus attrayant. J’ai apprécié regarder les matchs de volley ball aussi, c’était les colombiens contre les indonésiens. Ce fut une magnifique journée, tout le monde était là à regarder les matchs, au centre de Rungan Sari, cela crée vraiment une super ambiance.            Et puis je ne me reconnais plus, j’apprécie regarder des matchs de sport, c’est bien la première fois dans ma vie. Sinon un des colombiens m’apprends à jouer au volley ball, j’adore....et ils m’apprenent l’espagnol aussi.....Ils ont tous les 3 vécus dans la communauté d’Amenacer et ils me racontent des petits trucs, ça me donne trop envie d’y aller.

 

 

 

Par Emilie
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Jeudi 12 août 2010 4 12 /08 /Août /2010 08:11

 

En préparation au Ramadan, nous avons fait à Rungan Sari un selamatan (une célébration) pour les ancêtres. Dans la tradition musulmane, le mois qui précède le Ramadan est le mois des ancêtres, mois particulier où l’on peut prier pour eux. Le selamatan a débuté par les prières musulmanes et a finit par le traditionnel dîner pris en commun avec du riz cuit dans du lait de noix de coco. Les prières sont magnifiques. Nous sommes tous assis par terre en cercle, sur des nattes, dans la salle de latihan, les hommes d’un côté et les femmes de l’autre. Les prières sont très rythmées aussi il est très facile de se laisser porter.

Une semaine après, nous avons fait un autre selamatan, cette fois pour la naissance d’un enfant. Ce selamatan était la cérémonie pour l’attribution du nom. Après les prières, le père présentait l’enfant à certaines personnes qu’il choisissait parmi l’assemblée et cette personne devait couper une petite mèche de cheveux et la déposer dans un petit bol rempli d’eau et de pétales de fleurs.

 

 

 

Par Emilie
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Lundi 9 août 2010 1 09 /08 /Août /2010 06:04

J’ai retrouvé mes petits de l’orphelinat. Ils avaient l’air contents de me voir, en tout cas, moi je l’étais. Ils ont adoré tous les petits cadeaux ramenés de France J... Il y a de nouveaux enfants maintenant, au moins 7 ou 8, des petites filles et des petits garçons adorables et très souriants. Ce sont surtout des petits de 6-7 ans....

La deuxième semaine, quand j’y suis allée, je suis arrivée en retard, car j’attendais que la pluie cesse. Donc je suis arrivée très en retard, ils devaient penser que je ne viendrais plus, car quand ils m’ont vu, ils ont sauté partout, tout souriant, appelant tout le monde pour venir et disant “gambar”, “gambar” (ce qui veut dire dessiner). C’est la première fois qu’ils ont manifesté aussi clairement de la joie à dessiner. Ça m’a fait plaisir, parce que je me demandais, parfois, si ça leur plaisait d’apprendre à dessiner. Nous avons donc fait la leçon habituelle et au moment de partir, la pluie s’est remise à tomber. Impossible pour moi de repartir. Comme on avait déjà tout rangé, des jeunes filles se sont assisses autour de moi et ont continué leur multiples questions, plus incongrues les unes que les autres, du genre, est-ce qu’il fait froid quand il y a de la neige dehors en France, est-ce que je vais dehors à ce moment-là, qu’est-ce que je fais avec la neige, est-ce que je vais me faire enterrer ou faire incinérer quand je vais mourir....

Moi aussi je leur ai posé plein de questions et c’était bien d’apprendre plus sur eux, j’en avais déjà bien appris la dernière fois mais là j’ai compris les relations entre eux, les frères, les sœurs...Je leur ai demandé quelle était leur matière préférée et elles m’ont répondu “religion” J

Pendant tout ce temps, les petits garçons jouaient dans la salle, un petit garçon dansait tout seul, les petites filles dansaient et chantaient autour d’un jeune garçon qui jouait au synthétiseur. C’était incroyable, j’ai senti qu’ils étaient heureux, en tout cas c’était plein de vie et de joie au moment où j’y étais et je me sentais trop joyeuse au milieu d’eux. J’étais bien consciente que ça ne doit pas être comme ça tout le temps mais je crois que c’est un bon orphelinat, ils prennent soin des enfants.  En tout cas, ça m’a donné une idée, j’aimerai créer un orphelinat qui ferait école en même temps.

Le temps est vite passé mais la pluie redoublait et l’obscurité avait envahi la route... Il n’y a pas de lampadaires le long des routes indonésiennes, donc c’est l’obscurité totale, ce qui est alors très dangereux en vélo et même plutôt insensé de se promener au milieu de la jungle la nuit tombée. Sans compter les innombrables fantômes qui se réveillent la nuit tombée. Tous les enfants m'ont demandé si je n'en avais pas peur. Donc c’était impossible maintenant de rentrer pour moi... J’ai commencé un peu à m’inquiéter mais je restais tranquille. Les filles, par contre, étaient trop contentes, elles me disaient de rester dormir et que nous irions tous ensemble à l’école demain matin. J  

Mais finalement, au bout d’un moment, on a trouvé quelqu’un pour me ramener en voiture. On a mis le vélo dans la remorque et la plus grande des jeunes fille est venue pour m’accompagner. Au moment de partir, je ne sais pas ce qui s’est passé, mais ils m’ont tous pris la main pour me saluer. En Indonésie la manière de saluer un professeur ou un adulte et de prendre la main et de la porter à son front mais ils ne m'avaient jamais saluer de la sorte auparavant, probablement par timidité. C'était vraiment un sentiment incroyable d'être au milieu d'eux.

Ils m’ont raccompagnée jusque chez moi, ils hallucinaient un peu de voir Rungan Sari, toutes ces grandes maisons, ces allées... J’ai invité la jeune fille qui m’avait accompagnée à visiter rapidement la maison, elle a bien sûr été éberluée de voir la maison où j'habitais mais elle avait l’air contente de voir où je vivais.

 

Par Emilie
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